Ouvrir un cabinet de massage : démarches, local, assurances et réglementation en France
L’idée d’ouvrir son propre cabinet de massage est une étape enthousiasmante dans le parcours de tout praticien bien-être — le moment où la formation reçue, l’expérience accumulée et la passion du soin se concrétisent dans un espace professionnel que l’on crée et que l’on fait vivre. Mais cet enthousiasme ne doit pas faire l’économie d’une préparation rigoureuse sur les plans administratif, juridique et pratique. Ouvrir un cabinet de massage en France implique des démarches précises, des obligations légales non négociables et des choix structurants — local, statut, assurances — dont dépendent la légalité, la crédibilité et la pérennité de votre activité. Dans cet article, Géraldine vous guide pas à pas à travers toutes les étapes de cette installation, avec le souci de vous donner une information complète, honnête et pratique pour que votre ouverture se passe dans les meilleures conditions. Soyez patient(e) dans cette démarche : une installation bien préparée est la fondation d’une activité durable et épanouissante.
- Le cadre légal spécifique au massage bien-être en France
- Les démarches administratives étape par étape
- Choisir et aménager votre local de cabinet de massage
- Les assurances indispensables pour un cabinet de massage
- Lancer et développer votre cabinet : les premières étapes clés
Le cadre légal spécifique au massage bien-être en France
Avant d’entreprendre la moindre démarche administrative, il est indispensable de comprendre précisément dans quel cadre légal s’inscrit votre activité. Cette clarté vous évitera des erreurs coûteuses et vous permettra de communiquer avec exactitude auprès de vos clients, de vos partenaires et des administrations.
Le massage bien-être n’est pas une profession de santé réglementée
En France, le droit distingue deux univers fondamentalement différents :
D’un côté, les professions de santé réglementées — dont le masseur-kinésithérapeute — dont l’exercice est encadré par le Code de la santé publique, qui nécessitent un diplôme d’État et sont soumises au contrôle d’un Ordre professionnel. L’usage abusif du titre « kinésithérapeute » par une personne non diplômée constitue une infraction pénale passible de sanctions significatives.
De l’autre côté, les activités de bien-être — dont le massage bien-être, la réflexologie, la sophrologie — qui relèvent du droit commercial, non du droit de la santé. Ces activités ne nécessitent légalement aucun diplôme d’État pour être exercées en France. Elles sont encadrées par le Code de la consommation — obligation de transparence sur les tarifs et les prestations — et par le droit général des entreprises.
Cette absence de réglementation médicale ne signifie pas l’absence de toute règle — elle signifie que les règles applicables sont celles du commerce et de la protection des consommateurs, pas celles de la médecine.
Les obligations légales fondamentales du praticien bien-être
Même dans ce cadre de liberté relative, plusieurs obligations légales s’imposent au praticien en massage bien-être qui ouvre un cabinet :
- Ne pas utiliser le titre de kinésithérapeute ou de masseur-kinésithérapeute : ce titre est protégé par la loi. Utilisez des appellations précises comme « praticien en massage bien-être », « masseur bien-être » ou « praticien en soins de bien-être ».
- Ne pas prétendre traiter, diagnostiquer ou guérir une maladie : vos soins visent le bien-être, la détente et la relaxation. Toute communication présentant votre activité comme un traitement médical vous expose à des poursuites pour exercice illégal de la médecine.
- Afficher clairement vos tarifs : le Code de la consommation impose l’affichage des prix de toutes les prestations proposées dans un lieu accessible à la clientèle ou sur votre site internet.
- Respecter les normes d’hygiène applicables aux établissements d’esthétique et de bien-être : même si votre activité n’est pas réglementée médicalement, des normes d’hygiène minimales s’appliquent — propreté des locaux, changement du linge entre chaque client, désinfection des surfaces de contact.
- Déclarer votre activité et payer vos impôts et cotisations sociales : le travail non déclaré est illégal quelle que soit l’activité.
Le Code APE — Activité Principale Exercée — correspondant au massage bien-être en France est le 9604Z — « Entretien corporel ». Ce code vous sera attribué lors de votre immatriculation et apparaîtra sur vos documents commerciaux. Il est distinct des codes des activités de santé — 8690D pour les autres professions paramédicales —, ce qui confirme que le massage bien-être relève du secteur des services à la personne et non du secteur médical.
Les démarches administratives étape par étape
L’ouverture d’un cabinet de massage bien-être implique une série de démarches administratives précises dont l’ordre et la complétude conditionnent la légalité de votre activité dès le premier jour. Voici le chemin complet, étape par étape.
Étape 1 — Choisir son statut juridique
Le choix du statut juridique est la première décision structurante de votre installation. Il conditionne votre régime fiscal, votre protection sociale, votre responsabilité personnelle et votre capacité à évoluer. Voici les options les plus pertinentes pour un praticien en massage bien-être :
La micro-entreprise — anciennement auto-entrepreneur : c’est le statut le plus utilisé pour lancer une activité de massage bien-être, particulièrement en début d’installation. Ses avantages sont nombreux : création gratuite et quasi immédiate, charges sociales proportionnelles au chiffre d’affaires — vous ne payez que si vous encaissez —, comptabilité ultra-simplifiée, possibilité de cumul avec un emploi salarié ou des allocations chômage pendant la phase de lancement. Son principal inconvénient est le plafond de chiffre d’affaires — 77 700 euros en 2026 pour les prestations de service — au-delà duquel vous devez évoluer vers un autre statut.
L’EURL — Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée : une structure plus protectrice qui sépare votre patrimoine personnel de celui de l’entreprise. Elle est adaptée aux praticiens prévoyant des charges fixes importantes — loyer de cabinet, investissements en équipement — et un chiffre d’affaires supérieur au plafond de la micro-entreprise. Sa gestion administrative est plus complexe et nécessite généralement l’accompagnement d’un expert-comptable.
La SASU — Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle : offre une grande flexibilité dans l’organisation et la rémunération, avec une protection du patrimoine personnel. Elle est davantage adaptée aux projets à fort potentiel de développement — plusieurs salariés, plusieurs cabinets — qu’au lancement d’un cabinet individuel.
Étape 2 — S’immatriculer auprès du Guichet Unique
Depuis janvier 2023, toutes les démarches de création d’entreprise en France sont centralisées sur le Guichet Unique des Formalités des Entreprises — guichet-entreprises.fr. C’est sur cette plateforme que vous effectuerez votre déclaration d’activité, quelle que soit la forme juridique choisie.
Pour une micro-entreprise, la procédure est entièrement en ligne et prend moins de trente minutes. Vous devrez renseigner :
- Votre identité — nom, prénom, date et lieu de naissance
- L’adresse du siège de votre activité — votre adresse personnelle ou celle du cabinet
- La nature de votre activité — massage bien-être, code APE 9604Z
- La date de début d’activité souhaitée
- Le régime fiscal choisi — micro-BNC pour les prestations de service intellectuelles ou libérales
À l’issue de cette procédure, vous recevrez votre numéro SIRET — identifiant à quatorze chiffres de votre entreprise — indispensable pour facturer vos clients, ouvrir un compte bancaire professionnel et souscrire vos assurances.
Étape 3 — S’immatriculer à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat
Le massage bien-être relevant du secteur de l’artisanat des services à la personne, les praticiens doivent en principe s’immatriculer au Répertoire des Métiers géré par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de leur département. Cette immatriculation est automatiquement déclenchée lors de votre déclaration sur le Guichet Unique si vous renseignez correctement le code APE 9604Z.
Cette immatriculation vous donne accès aux services de la CMA — accompagnement à la création d’entreprise, formations, réseau professionnel — et peut être requise dans certaines procédures administratives locales — demande d’aides, accès à certains marchés publics.
Étape 4 — Ouvrir un compte bancaire professionnel dédié
Bien que non obligatoire en micro-entreprise en dessous d’un certain seuil de chiffre d’affaires — dix mille euros annuels —, l’ouverture d’un compte bancaire professionnel dédié à votre activité est une pratique fortement recommandée dès le premier jour. Elle facilite considérablement la gestion financière, simplifie le suivi de votre chiffre d’affaires déclarable et professionnalise votre image auprès des clients qui règlent par virement.
Étape 5 — Effectuer les déclarations fiscales initiales
Selon le régime fiscal choisi, plusieurs déclarations peuvent être nécessaires avant ou au moment du début d’activité :
- Déclaration d’option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu en micro-entreprise, si vous souhaitez payer vos impôts en même temps que vos cotisations sociales
- Déclaration de franchise en base de TVA — automatique pour les micro-entreprises sous les seuils de franchise — qui vous dispense de facturer et de déclarer la TVA
- Enregistrement auprès du service des impôts des entreprises si vous optez pour une structure à l’IS — impôt sur les sociétés
Avant de finaliser votre statut juridique, je vous recommande vivement de consulter un conseiller de la CCI ou de la CMA de votre territoire — ces consultations sont gratuites pour les créateurs d’entreprise — et, si votre projet est ambitieux, un expert-comptable spécialisé dans les professions libérales et les TPE. Ces experts connaissent les spécificités de votre secteur et peuvent vous orienter vers le statut le plus avantageux fiscalement et socialement selon votre situation personnelle et vos projections d’activité. Un mauvais choix de statut peut coûter cher sur plusieurs années — investir une heure de conseil en amont vaut largement cet effort.
Choisir et aménager votre local de cabinet de massage
Le choix du local est l’une des décisions les plus importantes de votre installation. Il conditionne votre ambiance de travail, l’expérience de vos clients, vos charges fixes et votre visibilité locale. Prenez le temps nécessaire pour faire ce choix avec méthode.
Les critères essentiels pour le choix du local
La surface : pour un cabinet de massage accueillant un praticien et un client, une surface minimale de 12 à 15 mètres carrés est recommandée pour une salle de soin. Si vous souhaitez ajouter une salle d’attente séparée — très appréciée des clients pour leur confort et leur confidentialité —, un espace sanitaire dédié et un coin de réception, prévoyez 25 à 35 mètres carrés au total.
La luminosité et l’orientation : un local bien éclairé naturellement crée une atmosphère accueillante et saine. Une orientation nord ou est limite le soleil direct qui peut réchauffer excessivement la pièce en été et rend plus facile la gestion de la luminosité pendant les séances — nécessairement tamisée. Un local en sous-sol ou sans fenêtre est à éviter sauf s’il est parfaitement ventilé et éclairé artificiellement avec qualité.
L’acoustique et l’isolation phonique : un cabinet de massage doit être silencieux. Les bruits de voisinage — conversations, musique, trafic — perturbent profondément la détente du client et la concentration du praticien. Évaluez l’isolation phonique du local à différentes heures de la journée avant de signer tout bail.
La température et la ventilation : la salle de massage doit pouvoir maintenir une température stable de 22 à 24 degrés en toutes saisons. Vérifiez la présence d’un système de chauffage efficace — indispensable en hiver — et la possibilité d’installer une climatisation — fortement recommandée dans les régions au sud de la Loire.
L’accessibilité pour les clients : un local au rez-de-chaussée ou avec ascenseur est indispensable si vous souhaitez accueillir des personnes à mobilité réduite — seniors, femmes enceintes, personnes blessées. Vérifiez également la disponibilité du stationnement à proximité immédiate.
La conformité aux règles d’urbanisme : certains locaux résidentiels ou à usage mixte nécessitent une autorisation de changement d’usage ou une déclaration préalable avant d’être utilisés pour une activité professionnelle accueillant du public. Vérifiez auprès de la mairie et de votre propriétaire que l’usage commercial ou libéral est autorisé dans le local envisagé.
Les différentes options de local
La location classique d’un local commercial ou libéral : vous signez un bail commercial ou professionnel avec un propriétaire. C’est la formule qui offre le plus de liberté d’aménagement et la meilleure stabilité sur le long terme — les baux professionnels sont généralement de six ans renouvelables. L’inconvénient est la charge fixe importante du loyer, indépendante de votre chiffre d’affaires.
La sous-location d’une salle à la séance ou à la demi-journée : vous louez une salle de massage dans un centre de bien-être, un cabinet pluridisciplinaire, un studio de yoga ou une maison de santé à l’heure ou à la demi-journée. Cette formule réduit considérablement le risque financier au démarrage — vous ne payez que lorsque vous travaillez — au prix d’une moins grande liberté d’aménagement et d’une moindre stabilité.
Le cabinet à domicile : si votre logement le permet — surface suffisante, accès indépendant idéalement, isolation phonique —, exercer à domicile supprime le loyer commercial. Cette option est légale sous conditions : déclaration auprès de la mairie, accord du propriétaire si vous êtes locataire, respect du règlement de copropriété si vous êtes en immeuble. Vérifiez également les conditions de votre assurance habitation.
L’espace partagé en coworking de bien-être : de nombreuses villes françaises voient se développer des espaces de coworking dédiés aux praticiens du bien-être — salles de massage disponibles à la réservation, équipements partagés, réseau de praticiens complémentaires. Cette formule combine la flexibilité de la sous-location et la richesse d’un réseau professionnel constitué.
L’aménagement de votre cabinet : créer un espace de soin
L’aménagement de votre cabinet de massage doit créer une atmosphère propice à la détente profonde dès le franchissement du seuil. Quelques principes essentiels :
- La table de massage : investissez dans une table professionnelle de qualité — bois massif ou aluminium —, avec un rembourrage épais, des tétières et des accoudoirs ajustables. Prévoyez environ 1 000 à 2 500 euros pour une table fixe de cabinet de qualité professionnelle. La table est votre outil de travail principal — n’en faites pas l’économie.
- L’éclairage : bannissez les néons et les ampoules crues. Optez pour un éclairage chaud à intensité variable — dimmer — qui permet d’adapter la luminosité à chaque client et à chaque moment de la séance. Des appliques murales à lumière indirecte et quelques bougies LED constituent une solution à la fois économique et très efficace.
- L’acoustique : si le local n’est pas suffisamment silencieux, un fond sonore de musique douce — nature, ambient, musique instrumentale — diffusé à faible volume peut masquer les bruits extérieurs parasites tout en contribuant à l’atmosphère de détente.
- La couleur et les matières : les teintes neutres et apaisantes — blanc cassé, beige, gris doux, vert sauge — créent une atmosphère de sérénité qui invite au lâcher-prise. Évitez les couleurs vives et les décors chargés qui peuvent stimuler plutôt que détendre.
- L’espace de vestiaire minimal : un espace permettant au client de se changer et de déposer ses affaires en dehors de la table de massage est très apprécié. Une patère, une chaise et un paravent simple suffisent pour créer cet espace de transition.
- La propreté et l’hygiène : un cabinet de massage doit être impeccablement propre. Investissez dans du linge de bonne qualité — draps, serviettes — en nombre suffisant pour changer entre chaque client, et dans des produits de désinfection adaptés aux surfaces de la table et aux sols.
Les assurances indispensables pour un cabinet de massage
Les assurances professionnelles sont une composante non négociable de toute installation sérieuse en cabinet de massage. Elles vous protègent, protègent vos clients et constituent souvent une condition de l’accès à certains réseaux professionnels et mutuelles.
La responsabilité civile professionnelle — l’incontournable
La RC pro est l’assurance fondamentale de tout praticien en massage bien-être. Elle couvre les dommages corporels, matériels ou immatériels que vous pourriez causer à vos clients dans le cadre de votre activité professionnelle. Concrètement, en cas de :
- Réaction allergique d’un client à une huile utilisée
- Chute d’un client en montant ou descendant de la table
- Malaise d’un client pendant ou après la séance
- Aggravation involontaire d’une condition préexistante
- Tout dommage causé pendant la séance
Sans RC pro, vous seriez personnellement responsable de l’indemnisation du client sur votre patrimoine propre — ce qui peut représenter des sommes considérables en cas de dommage corporel grave. Avec une RC pro, votre assureur prend en charge la défense juridique et l’indemnisation dans les limites du contrat.
Le coût d’une RC pro pour un praticien en massage bien-être se situe généralement entre 150 et 400 euros par an selon l’assureur, les garanties choisies et votre volume d’activité. Plusieurs assureurs sont spécialisés dans les professions du bien-être et proposent des contrats adaptés : MAIF, AXA Professions, Generali, April, MMA. Comparez au moins trois devis avant de souscrire.
L’assurance multirisque professionnelle pour votre cabinet
Si vous disposez d’un local commercial ou libéral, une assurance multirisque professionnelle est fortement recommandée — et souvent exigée par votre bailleur. Elle couvre :
- Les dommages aux locaux — incendie, dégât des eaux, bris de glace, vandalisme
- Les dommages à votre matériel professionnel — table, équipements, matériel informatique
- La responsabilité civile exploitation — dommages causés à des tiers sur votre lieu d’exercice
- La perte d’exploitation consécutive à un sinistre — si votre cabinet est inutilisable pendant plusieurs semaines
La protection juridique professionnelle
Souvent proposée en option dans les contrats d’assurance professionnelle, la protection juridique vous couvre en cas de litige avec un client, un fournisseur, un bailleur ou l’administration. Elle finance les frais d’avocat et d’expertise jusqu’aux limites du contrat. Dans un secteur où les malentendus sur la nature et les effets des soins peuvent parfois dégénérer en conflits, cette protection est un investissement modeste pour une sécurité précieuse.
La prévoyance et la complémentaire santé des indépendants
Ces deux assurances ne sont pas directement liées à l’ouverture du cabinet, mais elles sont indispensables pour tout travailleur indépendant sérieux :
- La prévoyance — incapacité, invalidité, décès — compense la perte de revenus en cas d’arrêt de travail. En tant qu’indépendant, vous ne bénéficiez pas des indemnités journalières de la Sécurité sociale dans les mêmes conditions qu’un salarié. Une bonne prévoyance est votre filet de sécurité si votre corps — votre outil de travail principal — vous fait défaut.
- La complémentaire santé — les indépendants ne bénéficient pas d’une mutuelle d’employeur. Souscrivez une complémentaire santé de qualité dès le début de votre activité. La loi Madelin vous permet de déduire fiscalement les cotisations de certains contrats de prévoyance et de complémentaire santé dans le cadre de votre activité libérale ou artisanale.
Certains assureurs conditionnent la souscription d’une RC pro à la justification d’une formation certifiée en massage bien-être — généralement un minimum de 150 à 200 heures dans une école reconnue. Si vous ne pouvez pas présenter de certification sérieuse, vous pourrez vous retrouver sans couverture assurantielle — une situation juridiquement et éthiquement inacceptable pour exercer auprès de clients. Formez-vous sérieusement avant d’ouvrir votre cabinet : c’est à la fois une obligation morale envers vos clients et une condition pratique pour être assurable.
Lancer et développer votre cabinet : les premières étapes clés
Toutes les démarches administratives sont accomplies, votre cabinet est prêt à accueillir vos premiers clients. Voici les actions les plus importantes à mettre en place dans les premiers mois pour que votre installation soit un succès.
La visibilité locale : votre premier levier de développement
La grande majorité de vos premiers clients proviendront de votre zone de chalandise locale — habitants du quartier, communes voisines, professionnels de proximité. Votre visibilité locale est donc votre premier investissement commercial :
- Google Business Profile : créez et optimisez entièrement votre fiche Google My Business — photos de qualité de votre cabinet, description précise de vos techniques, horaires, tarifs, zone géographique, catégorie « Spa et massage ». Cette fiche gratuite est votre vitrine numérique locale la plus puissante pour apparaître dans les recherches « massage [votre ville] » ou « masseur bien-être [votre quartier] ».
- Le bouche-à-oreille : commencez par masser vos proches, vos anciens camarades de formation, vos relations professionnelles à prix réduit ou gratuitement pour les premières séances. Ces personnes deviendront vos premiers ambassadeurs et vous génèreront vos premières recommandations — le canal d’acquisition le plus efficace dans les soins de bien-être.
- Les prescripteurs locaux : présentez-vous personnellement aux professionnels de santé et du bien-être de votre secteur — médecins généralistes, ostéopathes, kinésithérapeutes, naturopathes, sages-femmes, gynécologues. Apportez-leur votre carte professionnelle et une description claire de vos techniques et de vos limites de pratique. Ces professionnels peuvent vous orienter régulièrement des patients dont ils ne peuvent pas traiter tous les aspects.
La présence numérique professionnelle
- Un site internet minimal mais professionnel : une page de présentation claire avec vos techniques, vos tarifs, votre formation, vos coordonnées et un formulaire de contact — ou un système de réservation en ligne — est aujourd’hui indispensable. Même un site simple sur WordPress ou Wix, bien optimisé localement, améliore significativement votre visibilité dans les recherches Google.
- Les plateformes de réservation bien-être : Treatwell, Planity, Doctolib Bien-être référencent des praticiens de massage et génèrent des prises de rendez-vous en échange d’une commission sur les réservations — généralement entre huit et quinze pour cent. Ces plateformes sont un excellent accélérateur de clientèle en phase de lancement.
- Instagram ou Facebook : partagez des contenus pédagogiques sur le massage, des conseils bien-être, des photos de votre cabinet et de vos soins — toujours avec l’accord des clients. Ces réseaux sociaux créent une communauté locale autour de votre pratique et humanisent votre image professionnelle.
Les obligations comptables et fiscales de départ
- Tenir un livre de recettes : en micro-entreprise, vous devez tenir un livre de recettes — tableau simple avec la date, le montant et la nature de chaque encaissement. Ce document est votre preuve de chiffre d’affaires en cas de contrôle fiscal.
- Déclarer votre chiffre d’affaires : en micro-entreprise, vous déclarez votre chiffre d’affaires — pas vos bénéfices — mensuellement ou trimestriellement sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Les cotisations sociales et fiscales sont prélevées sur ce montant au taux applicable — environ 21,2 % pour les prestations de service.
- Émettre des factures conformes : chaque prestation doit faire l’objet d’une facture ou d’une note comportant vos coordonnées complètes — nom, adresse, numéro SIRET —, la date, la description de la prestation et le montant. La mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » doit figurer si vous êtes en franchise de TVA.
La formation continue : un investissement permanent
Ouvrir un cabinet n’est pas une fin en soi — c’est le début d’un parcours professionnel qui doit se nourrir de formation continue pour rester compétent, différenciant et inspirant. Planifiez au minimum une formation courte par an — nouvelle technique, perfectionnement d’une technique existante, module de supervision — pour maintenir la qualité de vos soins, enrichir votre catalogue de prestations et nourrir votre passion professionnelle. Les praticiens qui durent dans ce métier sont invariablement ceux qui ne cessent jamais d’apprendre. La régularité fait la différence, dans la formation comme dans la pratique.
Ouvrir un cabinet de massage bien-être est un projet exigeant et profondément gratifiant. Il demande de la rigueur dans les démarches administratives, du discernement dans le choix du local, de la sérieux dans les assurances, et de la persévérance dans le développement de la clientèle. Mais pour un praticien bien formé, passionné et organisé, c’est aussi l’un des chemins professionnels les plus libres, les plus épanouissants et les plus utiles qui soit — celui d’une personne qui aide concrètement d’autres personnes à se sentir mieux dans leur corps et dans leur vie. Prenez le temps de construire votre cabinet avec soin, avec méthode et avec bienveillance envers vous-même dans les moments de doute. Soyez patient(e) : les belles activités se construisent progressivement, pas du jour au lendemain. Prenez soin de vous.
Questions fréquentes — ouvrir un cabinet de massage
Faut-il un diplôme pour ouvrir un cabinet de massage bien-être en France ?
Non, aucun diplôme d’État n’est exigé pour ouvrir un cabinet de massage bien-être en France. Cependant, une formation sérieuse d’au moins 200 heures dans une école reconnue est fortement recommandée — et souvent exigée par les assureurs pour souscrire une RC pro. Elle garantit la qualité et la sécurité de vos soins et constitue un argument commercial essentiel auprès de vos clients.
Quel statut juridique choisir pour ouvrir un cabinet de massage ?
Le statut de micro-entrepreneur est le plus adapté pour lancer un cabinet de massage bien-être : création rapide et gratuite en ligne, charges sociales proportionnelles au chiffre d’affaires, comptabilité allégée. Pour un cabinet avec des charges fixes importantes ou un volume d’activité dépassant le plafond de la micro-entreprise, l’EURL ou la SASU peuvent s’avérer plus avantageuses. Consultez un expert-comptable ou un conseiller CCI pour choisir le statut le mieux adapté.
Quelle surface minimum faut-il pour un cabinet de massage ?
Pour un cabinet accueillant un praticien et un client, une surface minimale de 12 à 15 mètres carrés est recommandée pour la salle de soin. En ajoutant une salle d’attente, un espace sanitaire et un coin de réception, prévoyez 25 à 35 mètres carrés au total. La hauteur sous plafond doit être suffisante pour travailler debout à l’aise — minimum 2,40 mètres.
Quelles sont les assurances obligatoires pour un cabinet de massage ?
La responsabilité civile professionnelle — RC pro — est l’assurance indispensable pour tout praticien en massage bien-être. Elle couvre les dommages corporels, matériels ou immatériels causés à vos clients dans le cadre de votre activité. Pour un cabinet physique, une assurance multirisque professionnelle est également fortement recommandée pour couvrir les locaux, le matériel et la responsabilité civile exploitation.